lundi 13 mars 2017

6EME ANNIVERSAIRE DE LA CRISE SYRIENNE - RASSEMBLEMENT SAMEDI 18 MARS A 14H30 PLACE DU CAPITOLE A TOULOUSE




Six ans après les premières manifestations en Syrie, la situation dans le pays constitue aujourd’hui l’une des pires catastrophes humanitaires de notre époque. Pour briser le cycle de la violence qui détruit le pays, il est indispensable que les responsables rendent des comptes.

Alors que la Cour Pénale Internationale est bloquée depuis des années en raison du veto russe et chinois, il existe d’autres moyens pour essayer de briser la spirale d’impunité pour les crimes commis en Syrie. En parallèle aux actions pour faire cesser le bain de sang en Syrie, il est indispensable de mettre un terme à l’impunité des auteurs d’atrocités de masse.

En ce mois de mars 2017, qui marque le 6ème anniversaire du conflit, plusieurs rassemblements en solidarité du peuple syrien auront lieu en France, autour du 18 mars. 

A Toulouse l'association « TOULOUSE SYRIE SOLIDARITÉ » appelle à un rassemblement le samedi 18 mars à 14h30 place du Capitole.

 

En tant que militant.e.s d’Amnesty International France, nous vous incitons à vous joindre à ce rassemblement. Nous porterons ensemble, haut et fort, notre message pour la protection de la population civile et contre l’impunité des responsables des crimes de guerre et contre l’humanité en Syrie.


RETOUR SUR 6 ANS DE CONFLIT


Le conflit en Syrie est le plus meurtrier de la région. Il a éclaté en réaction à la répression brutale, par le gouvernement de Bachar el Assad, des manifestations massives de 2011. Des crimes atroces sont commis à grande échelle et la moitié de la population est déplacée.

QUELQUES FAITS ESSENTIELS

Le gouvernement de Bachar el Assad a brutalement réprimé les manifestations de masse qui ont débuté le 15 mars 2011. Cette réponse violente a déclenché le conflit armé le plus grave que la région n’ait jamais connu. Selon l'ONU, plus de 300 000 personnes ont perdu la vie. Les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre sont monnaie courante.

Réfugies et personnes déplacées

Plus de 11 millions de personnes ont été contraintes de fuir leur foyer ; on compte environ 6,3  millions de déplacés internes en Syrie et 5  millions sont réfugiés à l'étranger, principalement en Turquie, au Liban et en Jordanie. Des dizaines de milliers de réfugiés originaires de Syrie ont également fui vers l'Europe, trop souvent au péril de leur vie.

Disparitions forcées

D'après le Réseau syrien pour les droits humains (SNHR), environ 70 000 personnes ont été arrêtées par les forces de sécurité du gouvernement et sont désormais portées disparues, détenues dans des centres de détention non-officiels. D'autres personnes ont été emprisonnées pour avoir aidé des personnes jetées sur les routes par les combats, ou pour avoir parlé de la situation en Syrie. Des avocats, des médecins et des journalistes ont été incarcérés simplement pour avoir fait leur travail.

Torture, détention

Depuis plusieurs dizaines d’années, les forces gouvernementales recourent à la torture pour écraser les dissidents.  Depuis 2011, les violences envers les détenus ont augmenté en ampleur et brutalité. Selon l’ONG Human Rights Data Analysis Group, plus de 17 000 personnes (cela veut dire, environ 300 personnes par mois. Nous avions recensé environ 45 morts en détention par an entre 2001 et 2011) sont mortes en détention depuis 2011 à cause de la torture, du manque de nourriture et de soins. Ceci constitue une véritable politique d’État et un crime contre l’humanité. À cela se rajoutent des milliers de personnes exécutées à Saidnaya, terrible prison dans le nord de Damas.

Les civils ciblés

Les forces gouvernementales et leurs alliés russes ont mené des attaques aveugles et des attaques visant directement des civils et des biens à caractère civil, procédant à des frappes aériennes et à des tirs d’artillerie qui ont fait des milliers de victimes civiles. Selon certaines sources, les forces gouvernementales ont également utilisé des agents chimiques. Elles ont par ailleurs tenu de longs sièges contre des civils qui se sont retrouvés piégés et privés d’accès à des biens et services de première nécessité.
  
Le groupe armé État islamique (EI) a assiégé des civils et mené des attaques aveugles ou visant délibérément des civils, et il aurait utilisé dans certains cas des agents chimiques ; il a également commis de nombreux homicides illégaux et réduit des milliers de femmes et de filles en esclavage sexuel, entre autres exactions.

D’autres groupes armés non étatiques ont procédé à des tirs d’artillerie aveugles et assiégé des zones majoritairement peuplées de civils.

Les forces conduites par les États-Unis ont procédé à des frappes aériennes contre l’EI et d’autres cibles, provoquant la mort de plusieurs centaines de civils.

Justice

Alors que la Cour Pénale Internationale est bloquée depuis des années en raison du veto russe et chinois, il existe d’autres moyens pour essayer de briser la spirale d’impunité pour les crimes commis en Syrie. Il est indispensable que les responsables rendent des comptes. En parallèle aux actions pour faire cesser le bain de sang en Syrie, il est indispensable de mettre un terme à l’impunité des auteurs d’atrocités de masse. 

Pour traduire en justice les personnes responsables de ces crimes contre l’humanité et de ces crimes de guerre, il existe deux alternatives :

  • Le nouveau mécanisme établi par l'Assemblée générale des Nations unies le 21 décembre 2016 permet de recueillir et d'analyser des éléments de preuves concernant des atteintes au droit international humanitaire et au droit relatif aux droits humains. Cela pourrait faciliter et accélérer des procédures pénales équitables et indépendantes à l'encontre des personnes responsables. La France doit soutenir la mise en place et le financement du mécanisme indépendant, international et impartial créé par l’Assemblée générale de l’ONU.
  • La compétence universelle : la communauté internationale doit enquêter collectivement et engager des poursuites pour les exécutions extrajudiciaires, la torture, les disparitions forcées et les autres crimes de droit international commis en Syrie depuis 2011, notamment par l’exercice de la compétence universelle et par l’application des législations nationales permettant de traduire les auteurs présumés en justice. La compétence universelle est une possibilité qu’ont les États de poursuivre les auteurs de crimes contre l’humanité, crimes de guerre ou de génocide quels que soient le lieu où le crime a été commis et la nationalité des auteurs ou des victimes. En France, le législateur a entravée l’exercice de la compétence universelle en mettant en place des « verrous » qui la rendent difficile à exercer. 
 
 

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