mercredi 22 février 2017

LA SITUATION DES DROITS DE L’HOMME DANS LE MONDE - LE RAPPORT 2016/2017 VIENT DE SORTIR



UN MONDE DE PLUS EN PLUS DIVISE ET DANGEREUX



L’avant-propos, les cinq résumés régionaux et l’étude au cas par cas de la situation dans 159 pays et territoires témoignent des souffrances de femmes, d'hommes, d'enfants en grand nombre, qui ont subi les conséquences des conflits, des déplacements forcés, de la discrimination ou de la répression.

Ce rapport montre aussi que, dans certains domaines, des progrès significatifs ont été accomplis en matière de protection et de sauvegarde des droits humains.



« En 2016, les notions de dignité humaine et d’égalité, et l’idée même de famille humaine, ont été attaquées de façon violente et incessante dans des discours remplis d’accusations instillant la peur et désignant des boucs émissaires, propagés par ceux qui cherchaient à prendre le pouvoir ou à le conserver à tout prix, ou presque. »
Salil SHETTY, Secrétaire général d’Amnesty International

lundi 13 février 2017

UN FLASHMOB GEANT CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES LE 14 FEVRIER A TOULOUSE





L’antenne Jeunes d’Amnesty International Toulouse vous invite à venir nombreux

le mardi 14 février place du Capitole de 17h à 18h

pour danser sur notre chorégraphie contre les violences faites aux femmes dans le monde entier ! Un moment d'échanges, de partage et de rencontres.

Venez aux couleurs de « One Billion Rising » : rouge et noir.

1 femme sur 3 à travers la planète sera battue ou violée pendant sa vie. Chaque mois de février, nous nous élevons à travers la danse pour exprimer la joie et la communauté et célébrer le fait que nous ne sommes pas vaincus par cette violence. Nous nous levons pour montrer que nous sommes déterminés à créer un nouveau type de conscience - celle où la violence sera résistée jusqu'à ce qu'elle soit impensable.

« One Billion Rising » est la plus grande action de masse pour sensibiliser à la violence faite aux femmes. Le nom du mouvement (« 1 milliard à se lever ») vient de chiffres alarmants de l'ONU : « 1 milliard de femmes dans le monde seront violées ou battues au cours de leur existence ». Eve Ensler, Docteurs Honoris Causa 2015 de l'UCL (Université Catholique de Louvain) est à l'initiative de ce projet mondial.

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Voir l’Actu que Coté Toulouse consacre à l’évènement

Contact Antenne Jeunes Amnesty Toulouse : amnesty.jeunes.toulouse@gmail.com

vendredi 10 février 2017

SYRIE : L'HORRIBLE PRISON DE SAIDNAYA






Entre 2011 et 2015, chaque semaine, des dizaines de prisonniers ont été exécutés. Des pendaisons de masse réalisées dans le plus grand secret lèvent le voile sur une véritable politique d’extermination.

Dans cette prison, les pendaisons se sont déroulées une à deux fois par semaine, habituellement le lundi et le mercredi, au milieu de la nuit.

DES PENDAISONS DE MASSE CHAQUE SEMAINE

En cinq ans, pas moins de 13 000 personnes ont été pendues en secret à Saidnaya.

Jusqu'à 50 personnes peuvent être pendues en une seule nuit. Les corps des victimes sont emportés en camion et enterrés secrètement dans des fosses communes. Leurs familles ne sont pas informées du sort qui leur a été réservé. On assure aux détenus qu'ils vont être transférés dans une prison civile en Syrie. Au lieu de cela, ils sont emmenés dans une cellule située au sous-sol de la prison, où ils sont passés à tabac. Ils sont ensuite transférés vers un autre bâtiment de la prison, toujours sur le site de Saidnaya, où ils sont pendus. Pendant tout le processus, les victimes gardent les yeux bandés. Elles ne savent pas quand ni comment elles vont mourir, jusqu'à ce que la corde leur soit passée autour du cou.

« Ils les laissent [se balancer] là pendant 10 à 15 minutes. Certains ne meurent pas parce qu'ils sont légers. Surtout les jeunes, car leur poids ne suffit pas pour les tuer. Des assistants les détachent alors et leur brisent la nuque ».

Un ancien juge qui a assisté aux pendaisons.

Des détenus emprisonnés dans les étages situés au-dessus de la « salle d'exécution » ont signalé qu'ils entendaient parfois le bruit de ces pendaisons.

« En collant l'oreille contre le sol, on pouvait entendre un bruit, comme une sorte de gargouillement. Cela durait environ 10 minutes... Nous dormions au-dessus de personnes en train de mourir étouffées. Cela me paraissait normal à ce moment-là ».

« Hamid », ancien militaire arrêté en 2011.

UN VÉRITABLE ABATTOIR HUMAIN

Des victimes de Saidnaya ont livré des témoignages effrayants quant à la vie à l'intérieur de la prison. Ils évoquent un monde soigneusement pensé pour humilier, dégrader, rendre malade, affamer et au final tuer ceux qui s'y trouvent enfermés.

Le sol des cellules est couvert de sang et de pus émanant des blessures des prisonniers.

Nombre des prisonniers ont déclaré avoir été violés ou parfois contraints de violer d'autres détenus. La torture et les coups sont infligés régulièrement en vue de sanctionner et d’humilier, entraînant souvent des lésions durables, des handicaps, ou la mort. Les cadavres des détenus sont ramassés par les gardiens chaque matin, vers 9 heures.

« Chaque jour, il y avait deux ou trois morts dans notre aile… Je me souviens que le gardien nous demandait combien il y en avait. Il disait : « Cellule n° 1 – combien ? Cellule n° 2 – combien ? Et ainsi de suite... »

« Nader », ancien détenu de Saidnaya.

La nourriture et l'eau sont régulièrement supprimées. Lorsque les gardiens apportent la nourriture, ils la jettent bien souvent sur le sol des cellules, où elle se mêle au sang et à la saleté. Les rares personnes qui arrivent à sortir de Saidnaya font en général la moitié du poids qu'elles avaient en arrivant. Par ailleurs, Saidnaya est régie par son propre ensemble de « règles spéciales ». Les prisonniers ne sont pas autorisés à faire du bruit, à parler ni même à chuchoter. Ils sont contraints d'adopter certaines positions lorsque les gardiens entrent dans les cellules, et le seul fait de regarder les gardiens peut leur valoir la mort.



UNE POLITIQUE D’EXTERMINATION

Le but de cette politique et ces pratiques qui s’apparentent à des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, approuvées au plus niveau du gouvernement syrien, est d’écraser toute forme de dissidence au sein de la population. 

Aucun prisonnier condamné à la pendaison à la prison de Saidnaya n'a été jugé dans le cadre de ce qui pourrait ressembler à un véritable procès. Avant d'être pendues, les victimes ont droit à une procédure sommaire, qui dure une ou deux minutes, devant le soi-disant « tribunal militaire opérationnel ». Elle est si sommaire et arbitraire qu'il est impossible de la considérer comme une procédure judiciaire. 

Les témoignages d'anciens représentants du gouvernement, gardiens, juges et détenus permettent de se faire une idée précise de la procédure grotesque qui conduit aux pendaisons. L'ancien juge d'un tribunal militaire syrien a ainsi déclaré que le « tribunal » fonctionne en dehors des règles s'appliquant au système légal syrien. 

« Le juge demande le nom du prisonnier et s'il a commis le crime concerné. Qu'il réponde oui ou non, il sera déclaré coupable... Ce tribunal n'a rien à voir avec l'état de droit. Ce n'est pas un tribunal ».

Ancien juge d’un tribunal militaire

Les condamnations prononcées par ce soi-disant tribunal se fondent sur de faux « aveux » extorqués sous la torture. Les détenus ne sont pas autorisés à consulter un avocat et n'ont pas la possibilité d'assurer leur défense – la plupart ont été soumis à des disparitions forcées, détenus dans des lieux secrets et coupés du reste du monde. Ceux qui sont condamnés à mort ne l'apprennent que quelques minutes avant d'être pendus.


Les conclusions de ce rapport se fondent sur un travail de recherche poussé, mené sur une année, de décembre 2015 à décembre 2016. Au cours de nos recherches, nous nous sommes entretenues directement avec 84 témoins, dont des anciens responsables ou gardiens de la prison de Saidnaya, des anciens détenus, juges et avocats, ainsi que des experts nationaux et internationaux de la détention en Syrie.

Dans notre rapport précédent publié en août 2016, nous avons dévoilé que plus de 17 000 personnes sont mortes dans les geôles syriennes en raison des conditions inhumaines et de la torture, depuis le début de la crise qui a éclaté en Syrie en 2011. Ce chiffre n'englobe pas les 13 000 morts causées par les exécutions extrajudiciaires exposées dans le présent document.

LES POURPARLERS DE PAIX, UN ESPOIR POUR LES VICTIMES DE SAIDNAYA ?

Les prochains pourparlers de paix sur la Syrie à Genève ne sauraient passer ces conclusions sous silence. Mettre fin à ces atrocités dans les prisons de l'État syrien doit figurer à l'ordre du jour. L'ONU doit immédiatement ouvrir une enquête indépendante sur les crimes commis à la prison de Saidnaya et exiger que des observateurs indépendants puissent se rendre dans tous les lieux de détention.

Nous enjoignons aux autorités syriennes de mettre fin sans délai aux exécutions extrajudiciaires, à la torture et aux autres traitements inhumains dans la prison de Saidnaya et dans toutes les prisons gérées par le gouvernement à travers le pays.

La Russie et l'Iran, les plus proches alliés du régime syrien, doivent faire pression pour que cessent ces pratiques de détention meurtrières.

AGIR


STOP A L'HORREUR DANS LES PRISONS SYRIENNES !

Interpellez les gouvernements des États-Unis et de la Russie






mercredi 8 février 2017

ON PEUT SOUTENIR AMNESTY DE BIEN DES FAÇONS !




« André PELLAFIGUE, natif des Hautes-Pyrénées, vit et travaille à Toulouse.

Il dessine et peint depuis l’adolescence et a reçu une formation aux Beaux-Arts de Toulouse.

Il a souvent exposé dans la région et au-delà, dernièrement à Lisle sur Tarn (2005) ou Tournefeuille (2010, en compagnie de Sandrine TOUPART, sculptrice).

Riche coloriste, souvent figuratif, PELLAFIGUE ne s’est jamais fixé sur un style, une manière, s’approchant parfois de l’abstraction. Sa touche est appuyée, ferme, et apporte à ses toiles une belle épaisseur ». 


C'est par ces mots qu'un de ces amis, membre du groupe Amnesty international de Balma, présente ce peintre qui a décidé de soutenir Amnesty de manière originale : 
il a fait don de deux de ses œuvres à notre mouvement, nous en laissant le libre usage.



Ses toiles seront placées dans la vitrine de la Maison d'Amnesty de Toulouse, avec les toiles de nos amis graffeurs qui ont participé aux « 10 jours pour signer » le 10 décembre à la médiathèque de Colomiers.

Chacun-e à sa manière peut nous soutenir, par l'image, le son, les mots...

Quel que soit le medium, le but est toujours la défense des droits humains.

vendredi 27 janvier 2017

IRAN : L'ECRIVAINE QUI AVAIT ECRIT SUR LA LAPIDATION DE NOUVEAU ARRETEE




Golrokh Ebrahimi Iraee, défenseure des droits humains et écrivaine iranienne, condamnée à six ans d'emprisonnement pour avoir écrit une fiction sur la pratique de la lapidation, a été à nouveau arrêtée.

Golrokh Ebrahimi Iraee a été ramenée à la prison d'Evin après avoir été appréhendée par des pasdaran (gardiens de la révolution) alors qu'elle était en route vers l'hôpital pour rendre visite à Arash Sadeghi, son mari. Elle bénéficiait depuis le 3 janvier d'une autorisation temporaire de sortie, dans l'attente du réexamen judiciaire par la Cour suprême en Iran de sa peine d'emprisonnement, imposée pour avoir écrit une fiction non-publiée. Le réexamen judiciaire est retardé délibérément par les pasdaran.



CONDAMNÉE AVEC SON MARI POUR « ATTEINTE AUX VALEURS SACRÉES DE L’ISLAM »

Golrokh Ebrahimi Iraee, a été arrêtée dimanche 22 janvier pour continuer à purger sa peine de six ans de prison pour plusieurs chefs d’inculpation, dont « atteinte aux valeurs sacrées de l’islam ». Son époux, Arash Sadeghi, purge depuis juin 2016 une peine de 15 ans d'emprisonnement à la prison d'Evin pour avoir mené des activités pacifiques en faveur des droits humains.

Leur demande conjointe de révision judiciaire est actuellement examinée par la Cour suprême iranienne.

Avant son arrestation, Golrokh nous a confié que sa peine, ainsi que celle de 15 ans d'emprisonnement imposée à son mari pour son travail pacifique en faveur des droits humains, avaient été attribuées à la 33e chambre de la Cour suprême pour réexamen, mais que les pasdaran faisaient obstacle au processus en empêchant le transfert des documents de l'affaire depuis le tribunal révolutionnaire de Téhéran.

Golrokh Ebrahimi Iraee a également confié que le procureur adjoint de la prison d'Evin avait admis que des irrégularités avaient eu lieu concernant leur affaire, et qu'il leur avait promis qu'elles seraient traitées.



QUAND L’IRAN REFUSE LES SOINS A SON MARI

Le fait est que, en plus de faire obstacle à la justice, les pasdaran continuent d'infliger des douleurs et de la souffrance à Arash Sadeghi en lui refusant l'accès aux soins médicaux d'urgence. Arash Sadeghi a mené durant 72 jours une grève de la faim, entre octobre 2016 et janvier 2017, pour protester contre l'emprisonnement de sa femme. Il a mis fin à sa grève de la faim le 3 janvier, suite à un tollé international et après que les autorités ont accordé à Golrokh Ebrahimi Iraee une autorisation temporaire de sortie, en lui promettant que celle-ci serait renouvelée jusqu'à ce que son affaire soit réexaminée par la justice. Une promesse qu'ils ont désormais brisée.
Au cours des dernières semaines, il a été conduit presque quotidiennement à la clinique de la prison en raison d'hémorragie interne, d'essoufflement et de forte toux. Les médecins disent qu'il souffre d'une grave infection pulmonaire, de problèmes gastro-intestinaux et d'insuffisance rénale et qu'il a besoin d'une longue hospitalisation afin de recevoir des soins médicaux adaptés.

Malgré ces mises en garde, les autorités ont refusé de le transférer vers un hôpital. Avant son arrestation dimanche 22 janvier, le ministère public avait déclaré à Golrokh Ebrahimi Iraee que les pasdaran feraient obstacle au transfert d'Arash Sadeghi vers un hôpital tant qu'elle ne serait pas retournée en prison.


L’INQUIÉTANT SORT DES PRISONNIERS POLITIQUES EN IRAN

La nouvelle arrestation de Golrokh Ebrahimi Iraee et l'ingérence des pasdaran dans le processus judiciaire ne sont que le dernier épisode inquiétant du traitement arbitraire et injuste de ce couple de militants par les autorités.

Dans un rapport intitulé Health taken hostage: Cruel denial of medical care in Iran’s prisons et publié en juillet 2016, notre organisation a rassemblé des informations qui montrent que les autorités – et en particulier le Bureau du procureur, les autorités carcérales et les agents des renseignements – refusent délibérément et de manière systématique aux prisonniers politiques l'accès aux soins médicaux dont ils ont besoin, dans de nombreux cas par cruauté, dans le but de les intimider et de les punir, ou de leur extorquer des « aveux » ou des déclarations de « repentir ».


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La peine de mort et la torture sont la négation absolue de la dignité humaine.